Gouzangrez – Eglise Notre Dame de l’Assomption
visite du 01 juillet 2026

visite du 01 juillet 2026
L’église de Gouzangrez est érigée en bordure Est de ce petit village du Vexin, désormais hameau de Commeny. Bâtie sur l’axe Ouest-Est elle possède un clocher en bâtière au dessus de la croisée du transept, remanié à l’époque moderne suivant l’article wikipedia qui lui est consacré.
L’accès à la chambre des cloches débute par l’ascension d’une tourelle d’escalier appuyée à l’angle de la nef et du croisillon Nord. Plusieurs marches sont manquantes et certaines montrent des signes de faiblesse. Intégralement en pierre, ces marches présentent en leurs milieux une usure en cuvettes profondes suggérant un important et régulier passage à l’époque ou il fallait monter au beffroi pour sonner les cloches et remonter le mécanisme d’horlogerie. L’escalier monte jusqu’à un fenestron donnant sur les toits. Aux deux tiers il débouche sur les combles de la nef et son plafond plat. Une échelle mène alors à la chambre des cloches via son pan Ouest. Une cahute en bois à l’angle Sud-Ouest abrite l’ancien mécanisme d’horlogerie. Une échelle à cage contemporaine, scellée au mur Ouest permet l’ascension jusqu’au beffroi. Nous avons constaté la présence de trois passages de cordes, d’un mécanisme de poulies de renvois, qui a pu servir à un tintement manuel ; ainsi que quelques ferrures abandonnées.
Au niveau du beffroi les 4 murs du clocher sont chacun ajourés de 2 baies en arcs de plein cintre. Les baies Sud et Ouest qui donnent sur le village sont équipées de deux rangées d’abat-son, les baies Nord et Est qui donnent sur la plaine sont nues, quoique toutes grillagées. Sur le pignon Ouest un cadran d’horloge. L’automate de commande semble postérieur à 2000, de marque Mimias il est installé sur le mur Ouest du croisillon Sud. Le beffroi comporte deux compartiments assez vastes et orientés dans l’axe de l’église. Je n’ai pas constaté de traces d’une ancienne cloche sur ce beffroi (voire photo beffroi en contre plongée)
La cloche unique de Notre Dame de l’Assomption de Gouzangrez n’a pas de nom. Suivant l’épigraphie, elle a été fondue en 1763 par Morel avec deux autres cloches. Installée sur l’emplacement Sud du beffroi, elle est équipée d’un marteau de tintement électromécanique sur la panse au Nord, et d’un moteur et d’une roue de volée sur ce même côté. Elle sonne un Fa.
Cette cloche tinte les heures (une série) et les demie-heures (un coup) de 7h à 23h, suivant l’affichage de l’automate. Elle ne sonne plus d’angelus depuis plusieurs années. Les paroissien·ne·s ont évoqué un problème de pallier, j’ai surtout constaté une usure dangereuse du baudrier de la chape et de la bélière.
Malgré une facture contemporaine, comme l’indique le boulonnage, le cuir du baudrier a complètement été mangé sur sa partie arrondie, laissant la chape et la bélière en frottement. En termes de désordre, cette cloche montre aussi une ébréchure de 90mm de la pince, côté Ouest. Les points de frappe de la cloche Est et Ouest n’ont pas encore retrouvé leur patine, contrairement au battant qui lui est rouillé. Ce détail peut donner une indication sur la date de mise en arrêt de la volée. Par ailleurs, ces points de frappe montrent aussi de manière intéressante un zonage, qui suggère que le précédent battant était positionné plus bas, trop bas, ce qui a peut être causé l’ébréchure susmentionnée. Malgré tout, la position des anses et l’absence de point de frappe à 90° prouvent que la cloche n’a pas été tournée. Elle est montée par quatre ferrures sur un joug en bois dans la configuration de lancé franc.
Extérieurement cette cloche présente un état de surface plutôt fin et des ornement correctement définis à l’exception de l’épigraphie Nord qui présentent quelques défauts de fonderie non retouchés: galles et infiltrations. La robe présente aussi un nombre conséquent de petits impacts répartis sur une large surface. Peut être s’agit il de marques d’un tintement manuel effectué avec un marteau inadéquat à des endroits non moins inadéquats. Je n’ai pas constaté de trace d’accordage.
Les ornements débutent sur la pince par une série de trois filets. S’ensuit une série de cinq filets entre panse et faussure sur laquelle s’appuient 4 ornements. A l’Ouest un Christ en Croix avec un titulus et Marie-Madeleine enserrant la croix; ainsi qu’un ornement carré qui pourrait être la signature du fondeur. Au Sud-Est, un évêque avec crosse et mitre, il pourrait tenir un flagellum à main droite, apanage de Saint Ambroise. Enfin au Nord-Est une vierge à l’enfant. Le haut du vase voit 2 lignes de texte entourées et espacées par des séries de trois filets. A l’Ouest le texte commence par une croix grecque. Ici transcrit: LAN 1763 IAY ETE PAR Mre PIERRE CLICQUOT CHAN REG PRIEUR CURE DE GOUZANGREZ PAUL F BOUILLETTE MARG FONDUES TOUTES LES ✚ TROIS PAR LES Srs MOREL A TRY CHATEAU (les minuscules valent exposant). Les tout en capitales romaines. La série inférieure de filets qui supportent le texte est appuyée sur 4 figures d’angelots aux points cardinaux, et 4 de fleurs de lys retournées qui s’intercalent entre ces dernières. Le cerveau est couronné de trois épais filets, d’une onde et d’un jeu d’anses en configuration 2+1.
Le bord est de 72mm et le diamètre de 1080mm soit précisément 15 bords. Les hauteurs à l’axe et au cerveaux sont respectivement de 945mm et 795mm. La tangente vaut 840mm soit un peu moins de 12 bords. La faussure à 360mm (5 bords pile) de la pince sur l’échelle tangentielle est de 81mm soit 1.1 bords. Le diamètre supérieur est mesuré à 580mm à l’extérieur et 540 à l’intérieur ce qui donne un corps a 20mm, soit un peu moins de 1/3 de bord. Ces deux dernières mesures sont sujettes à + ou – 10mm d’erreur. Le battant mesure 1050mm de long de la chasse au pivot et est suspendu à 100mm sous la surface interne de la couronne. Enfin l’épaisseur au point de frappe Est et Ouest est mesurée à 64mm soit 11% d’usure. N’étant pas certain de la procédure de mise en sécurité je n’ai pas relevé d’épaisseur au point de frappe du marteau mais là zone semble très peu usée.
Analyse menée avec le La3 à 440Hz | Écarts exprimés en 16ième de demi-ton (/16dT)
Cette cloche laisse entendre un Fa3. Bien que le nominal soit un Fa# à -2/16 de demi ton près, le hum est un Fa (-6dT) et l’octave aussi (+1dT). L’analyse du spectre ne met pas en évidence de fréquences pouvant correspondre à une quinte. En effet il n’y a qu’un seul pic entre nominal et octave. Cette partielle est à 426Hz soit 7/16 de demi ton au dessus d’un Sol# ce qui rend l’interval formé avec le nominal ou la note au coup difficile à qualifier, quoique plus proche de la tierce que de la quinte.