Courcelles sur Visone – Eglise St Lucien
visite du 29 septembre 2026

visite du 29 septembre 2026
Érigée au XIIème siècle sur un coteau de la vallée de la Viosne, l’église romane originellement composée de la nef, du clocher et du chœur a été remaniée et étendue d’un second vaisseau sur le flanc nord-est. Classée en 1908 sa page wikipedia est très détaillée. Elle est entourée par le cimentière. Le clocher est ajouré de baies jumelées en plein cintre comportant chacune 3 rangées d’abat-son en bois zingué, sauf le pan nord-est qui donne dans les combles. Il est coiffé d’une flèche octogonale en pierre de taille.
Un cadran d’horloge est installé à la base de la flèche, côté nord-est
On accède au clocher depuis l’intérieur de l’église par une étroite tourelle d’escalier accolée au coin ouest de la tour. Dans la chambre inférieure on retrouve le trou de cloche, l’ancienne corde ainsi que les vestiges de l’ancienne horlogerie dont la cahute est installée de l’autre côté du mur nord-ouest, dans les combles de la nef. L’horloge mécanique a disparu. En passant par ces combles, on contourne le clocher pour arriver à une échelle aluminium appuyée sur sa face nord-est. On passe alors par la baie jumelée de droite pour mettre le pied sur le plancher du beffroi. Sur deux niveaux et deux travées parallèles à l’axe de l’église, le beffroi occupe toute la superficie de la tour. Une planche côté sud ouest montre des signes de faiblesse, autrement l’ensemble est sécurisé. La cloche unique est pendue dans l’emplacement nord-est, une échelle à cage prend pied dans l’emplacement libre du beffroi et mène à une passerelle qui enjambe la cloche et aboutit à l’arrière du cadran d’horloge. Les poutres supérieures de la travée libre montrent des embrèvements qui ont pu accueillir les coussinets d’une ancienne seconde cloche. La poutre médiane supérieure du beffroi a été remplacée par une poutrelle en acier.
Cette cloche 1754 dont le fondeur n’a pas laissé de signature possède un diamètre de 1100 mm. De profil moyen (14.9 bords) elle sonne un Mi.
Le joug en fonte moulée est cintré. Il porte l’inscription “breveté” et “255” et est monté sur palier à roulement. Le battant possède une masse d’équilibrage. Cette combinaison donne une volée rétrolancée. La cloche a été percée et la bélière originelle éliminée pour installer ce battant articulé via quatre tiges filetées. La cloche a aussi été tournée de 90°. Les ferrures sont contemporaines.
La cloche a son marteau de tintement électromagnétique en sud-ouest et la roue de volée à l’opposé. Cette roue est montée à fleur de la cloche. Le moteur est installé sur un plateforme au-dessus de l’ensemble.
Un accident de surface de taille conséquente se retrouve au-dessus de la panse côté est. D’une longueur de 150 mm, il est probable qu’il s’agisse d’un défaut de fonderie présent dès la naissance de la cloche et possiblement retravaillé par retrait de matière par le fondeur.
La transcription de la date peut sembler douteuse à cause de la similarité des caractères 3 et 5 souvent rencontrée sur les cloches de cette période. A la première lecture j’aurais lu 1734. Cependant Léon Plancouard dans son article sur la cloche de Marines cite celle de Courcelles et la date de 1754. Par ailleurs, Généanet nous apprend que le mariage de Marie Louise Chibert et Antoine de Gars a eu lieu en 1735 ce qui finit de trancher le débat.
Cette cloche sonne les heures et les demies sur une plage horaire non connue de l’auteur. L’angélus du midi, et probablement ceux du matin et du soir, par 3 séries de 3 coups suivies d’une volée de 2min45.
(du bas vers le haut)
Sur la pince : trois épais filets
Au-dessus de la panse : 5 filets répartis 1-3-1. Entre les deux supérieurs: une dédicace au marguillier (cf infra).
Sur le filet supérieur
En capitales romaines de 22 mm de hauteur. Commence au sud ouest. Les minuscules valent exposant. Certains caractères sont de hauteur inférieure, comme pour le mot “DE”, caractéristique non retranscrite ci-dessous.
[première ligne]
☨L’AN 1754 IAY ETE BENITE PAR Me IEAN BAPTISTE DELISLE CURE DE CETTE PAROISSE ET NOMMEE MARIE LOUISE
[seconde ligne]
☞ RADEGONDE PAR Mre CH●NIC GABIA DESCOMBE ECUYER Gr D US ET COURCELLE ET PAR DAME M●L●CHIBERT EPOUSE
[troisième ligne]
☞DE Mr ANT DEGARS CHr CONSr AU PARLt SGr DE FREMAINVILLE ET EN PARTIE D US ET COURCELLE
Texte que je retranscrit
L’an 1754 j’ai été bénite par maître Jean Baptiste Delisle curé de cette paroisse et nommée Marie Louise Radegonde par messire Charles Nicolas Gabia Descombe ecuyer, gouverneur d’Us et Courcelle; et par dame Marie Louise Chibert épouse de monsieur Antoine de Gars chevalier, conseiller au parlement, seigneur de Frémainville et en partie d’Us et Courcelle.
On note l’en-tête en croix de Lorraine ainsi que l’orthographe Courcelle sans s.
[au dessus de la panse – commence au nord]
IAN DEUBRAY MARGUILLIER EN CHARGE
(unité: mm // ~ → marge d’erreur supérieure à 5mm)
Bord 74
Bord au point de frappe Nord ouest 67 (9%)
Bord au point de frappe Sud est 67 (9%)
Diamètre à la bouche 1100 (14.9 bords)
Diamètre interne au bord ~900
Diamètre externe sous cerveau ~585
Longueur pince 105
Hauteur à l’axe 690
Hauteur au cerveau 860
Hauteur des anses 150
Tangente 840 (11.4 bords)
Hauteur faussure sur échelle tangentielle ~360 (5 bords)
Distance de la faussure a la tangente ~80 (1.1 bord)
Longueur totale battant à l’axe bélière 700
Longueur battant axe – centre de la boule 560
Longueur axe bélière – contre-poid 300
Longueur contre-poid 195
Distance cerveau-axe 450
Diamètre contre-poid 160
Diamètre boule 130
Cette cloche sonne un Mi. L’analyse a été menée avec le La3 à 440Hz qui semble plus juste à l’oreille. Des 5 premiers partiels seule la fondamentale diverge de presque un demi ton au-dessus de la note idéale. On constate un double pic sur le spectrogramme pour ce partiel, peut être la résultante de l’accident de surface sur la panse. Pas de trace d’accordage constatée.