Santeuil – Eglise St Pierre et St Paul
visite du 9 octobre 2026

visite du 9 octobre 2026
L’église St Pierre et St Paul de Santeuil est classée MH depuis 1894. Elle voit sa page wikipedia très détaillée. Par ailleurs, la monographie d’instituteur donne aussi de nombreuses informations à son sujet et nous apprend au passage que cette église possédait 4 cloches avant la Révolution (p 44).
Elle est classiquement orientée face à l’ouest. Son clocher s’élance au-dessus de la croisée du transept. De section carré il est ouvert sur deux étages par des hautes baies géminées en plein cintre, sur ses 4 flancs. L’ensemble est couronné par une flèche octogonale en pierre de taille. Le premier niveau est pourvu d’abat-son.
Aujourd’hui l’église a subi de nombreux dégâts. Si la mairie a engagé une série de travaux, elle n’est plus ouverte au public. Une grande partie du mobilier a été débarrassé, l’alimentation électrique est coupée. Par mesure de sécurité la cloche ne sonne plus depuis plusieurs années, ni en volée, ni tintée.
Le beffroi siège au niveau du second étage de baies du clocher. On y accède en montant d’abord la tourelle d’escalier appuyée à l’extérieur du pignon occidental. Si on arrête notre progression à mi-hauteur il est possible de visiter les triforium et la tribune. On rencontre aussi quantité de graffiti. Si l’on poursuit jusqu’à l’étage des combles, on retrouve dans celles de la nef un mécanisme d’horloge très ancien.
Une fois ces dernières traversées on arrive dans le clocher. Une cahute d’horloge accueille un beau mécanisme, plus récent mais hors d’état. Le trou de cloche et les deux passages de cordes visibles depuis la croisée ne le sont pas à ce niveau car le sol est recouvert de fientes. Une échelle alu à trois pans permet de monter sur le plancher du beffroi. Ce dernier est soumis aux éléments car les baies sont larges et sans abat-son. Il est aussi possible que l’appareil des pierres de la flèche laisse s’infiltrer l’eau de pluie. Quoi qu’il en soit les bois ont souffert et la patine de la cloche n’est pas ce vert de gris que l’on retrouve habituellement dans les clochers plus abrités.
Le beffroi repose sur trois fortes traverses, celle du milieu est vermoulue au moins sur la moitié supérieure de son épaisseur. Pour cette raison la mairie ne fait plus sonner la cloche et le campaniste Huchez ne passe plus faire de révision annuelle. Néanmoins j’ai pu progresser sur le plancher du beffroi sans problème.
Ce beffroi comporte deux emplacements parallèles à l’axe de l’église, sur deux niveaux. Assez étonnement il semble que la poutraison du niveau inférieur soit plus récente que celle du niveau supérieur. Cette dernière laisse d’ailleurs apparaître ce qui ressemble à des traces de présence d’anciennes cloches.
Un cadran d’horloge Huchez est installé sous le faîte du pignon occidental. Un système de tringlerie dont l’on retrouve les reliques du supportage intermédiaire sur une ferme des combles de la nef, devait permettre de transmettre à cet endroit le mouvement depuis l’horloge mécanique installée dans le clocher.
Coulée par François et Charles Morel en 1775. Elle a un diamètre de 1100 mm. La note au coup est pour moi difficile à déterminer. Quelque part entre Mi et Fa.
Montée en lancé franc sur un joug mécano-soudé, articulé sur paliers à roulements. Marteau de tintement électromagnétique au nord, roue et moteur de volée au sud. La cloche a été tournée, une fausse bélière supporte un battant à boule soudée.
On constate en est que la maîtresse anse est éclatée et laisse voire un morceau de bélière. Cependant la cloche ne montre pas encore de signe de fissuration du cerveau.
L’état de surface n’est pas un doux vert de gris pulvérulent mais un piqué assez profond et rêche. Cependant en sud-est la panse montre une large zone uniformément noircie.
Le point de frappe actuel laisse penser que la cloche a été très peu mise en volée depuis son changement de configuration. Cependant j’observe aussi que ce point de frappe est trop haut, plus de 16 mm (largeur de mon mètre de charpentier) au-dessus du bord intérieur.
La cloche n’est plus en service.
Les conditions d’éclairage couplées à l’état de surface de la cloches ont rendu difficiles les prises de vue.
(du bas vers le haut)
Sous la panse : 3 épais filets
Au-dessus de la panse : 5 filets, le triplet central étant resserré.
Sur le filet supérieur de cette série
En haut de la robe, aux points cardinaux 4 chérubins portent 4 séries de triple filets. Entre les chérubins s’intercalent des petits décors de palmettes renversées. Les espacements entre ces triplets suggèrent l’emplacement d’un texte, mais seul la première rangée porte des caractères, au sommet de la robe.
En capitales romaines de 16 mm de hauteur. Commence au sud. Les minuscules valent exposant dans cette transcription.
[première ligne]
✟ LAN 1775 JAY ETE BENITE PAR Msire AUGGUSTIN GILLEL LE TEREMPUT PIERRE LANQUEDOC MARGUILLIER
On constate que le fondeur a certainement commis de nombreuses erreurs de transcription. La plus évidente étant le redoublement du GG d’Augustin. Si l’on peut sans trop de crainte avancer que “GILLEL” est mis pour “GILLES” ou éventuellement “GILLET”, “LE TEREMPUT” reste bien énigmatique. De même il s’agit certainement de “LANGUEDOC” concernant le patronyme du marguillier.
Les registres paroissiaux numérisés aux archives départementales nous confirment que le curé de Santheuil en 1774 était bien nommé Augustin Gilles Le Trempu.
(unité: mm // ~ → marge d’erreur supérieure à 5mm)
Bord 75
Bord à l’ancien point de frappe sud 66 (12%)
Bord à l’ancien point de frappe nord 64 (15%)
Diamètre à la bouche 1100 (14.9 bords)
Diamètre interne au bord NC
Diamètre externe sous cerveau ~640
Longueur pince 105
Hauteur à l’axe 1000
Hauteur au cerveau 875
Hauteur des anses 135
Tangente 850 (11.4 bords)
Hauteur faussure sur échelle tangentielle ~360 (5 bords)
Distance de la faussure a la tangente ~83 (1.1 bord)
Longueur totale battant à l’axe bélière 930
Longueur battant axe – centre de la boule 730
Distance cerveau-axe-bélière ~100
Distance cerveau-axe-fausse bélière ~200
Diamètre boule ~160